Open Game License
Directement inspirée de la
Gnu Public License issue du monde informatique,
l'
Open Game License (ou OGL) est un texte légal publié par
Wizards
of the Coast et soutenant le mouvement Open Game, dont le principe est de
permettre un éditeur, qu'il soit professionnel ou amateur, de réutiliser en toute
légalité du matériel ludique, le plus souvent des éléments de règles, publié par
d'autres éditeurs. Il est ainsi possible de reprendre des éléments issus d'un
ou plusieurs autres ouvrages publiés sous OGL pour créer son propre jeu ou supplément,
sans avoir à demander une autorisation particulière aux détenteurs légaux des
droits.
Même si on l'associe généralement au
d20 System,
l'OGL n'est liée à aucun système de jeu particulier : l'
Action ! System et le
EW-System sont également publiés
sous l'OGL.
Un ouvrage publié sous OGL contient deux types de matériel :
- Le contenu ludique libre (
open game content) est le matériel réutilisable par d'autres éditeurs. Il s'agit généralement des éléments de règles
proprement dits.
- L'identité du produit (
product identity) désigne le matériel dont l'auteur se réserve les droits et qui ne sont pas reproductibles sans autorisation. Il s'agit le plus souvent des informations de contexte, des textes d'ambiance, des illustrations, des noms propres et autres éléments caractéristiques
d'un univers de jeu.
Les conditions d'utilisation de l'OGL sont relativement simples, et concernent
essentiellement la Notice de Copyright qui se trouve à la fin de la licence elle-même (cette dernière devant impérativement se trouver dans l'ouvrage). Cette notice doit être mise à jour et reprendre exactement les mentions de Copyright de toutes les sources dont on a utilisé le contenu libre, ainsi que les mentions légales relatives à l'ouvrage lui-même.
Un ouvrage OGL doit également clairement identifier le contenu libre et l'identité du produit qu'il contient. Il peut s'agir d'une différence de police ou de couleur, mais le plus souvent on trouve au début ou à la fin des ouvrages OGL un paragraphe dressant la liste du contenu libre et de l'identité du
produit.
La proportion de contenu libre et d'identité du produit est laissée à l'appréciation de l'éditeur. Certains le limitent strictement aux règles et éléments techniques, d'autres y ajoutent certains textes mais se réservent les noms propres et autres éléments significatifs, d'autres encore placent l'intégralité du texte de leurs publications en contenu libre. Il est en revanche impossible de classer comme identité du produit du contenu libre tiré d'un autre ouvrage (même si ce dernier appartient au même éditeur) ou dérivé d'un texte placé en
contenu libre.
Exemple : Les fiches des créatures dans les bestiaires pour le
d20 System peuvent
se diviser en trois éléments : le nom de la créature, sa description et ses caractéristiques techniques. Certains éditeurs ont désigné comme identité du produit les noms des créatures et leurs descriptions, d'autres ont réservé les noms mais ont placé les descriptions en contenu libre. Mais tous doivent impérativement désigner les caractéristiques des créatures comme contenu libre, puisqu'elles dérivent directement des règles
du
d20 System.
d20 System Trademark Licence
La
d20 System Trademark License (d20 STL) est un texte légal venant s'ajouter à l'OGL et régissant l'utilisation des logos et trademarks associés
au
d20 System et à
D&D3.
Il ne s'agit pas d'une licence indépendante : un produit utilisant la d20 STL doit obligatoirement se conformer à l'OGL. Son utilisation se révèle
nettement plus complexe que celle de l'OGL, et
Wizards of the Coast lui a adjoint un
d20 System Guide disponible
sur son site et détaillant toutes ses subtilités. Voici ces rouages principaux.
La d20 STL accorde les droits suivants :
- Un produit
d20 System a
le droit de faire référence au
Manuel des Joueurs,
d20 Modern Roleplaying Game,
Manuel des Psioniques,
Dungeon Master's Guide,
Monster Manual,
Epic Level Handbook.
Il peut faire référence à un point de règle précis et sa position dans l'ouvrage ("pour telle règle, voire chapitre X, titre de section"), mais ne peut pas citer la page, afin que les différences de paginations entre les éditions successives ne gênent
pas le lecteur.
- Un produit
d20 System peut
faire référence au système de jeu dans son ensemble en le nommant "d20 System™", "fantasy d20 System™" ou "modern d20 System™" au
choix.
L'usage de la d20 STL comprend également plusieurs restrictions :
- Un produit
d20 System doit
arborer en première ou quatrième de couverture le logo
d20 System ainsi
qu'une mention légale indiquant la nécessité de posséder un livre de base publié par
Wizards of the Coast. Le
d20 System Guide donne le choix entre plusieurs variantes de ce texte (
D&D3,
d20 Modern,
Core Rulebook...) et indique également les autres mentions légales à inclure à l'intérieur
de l'ouvrage (copyrights divers).
- Un produit
d20 System ne
doit jamais expliquer le processus de création de personnage. Cela veut dire qu'il ne peut pas expliquer comment on génère les caractéristiques, comment on choisit une classe, comment on répartit les points de compétence, etc. Il est en revanche possible de proposer des classes et compétences supplémentaires
ou alternatives.
- Un produit
d20 System ne
doit jamais expliquer le processus de progression en expérience. En clair, il ne doit pas indiquer comment on applique les avantages acquis à chaque niveau lorsqu'on gagne des points d'expérience.
Il est toutefois possible de proposer une table de progression alternative.
- Un produit
d20 System ne
doit pas modifier la définition des "Termes Définis", c'est-à-dire le lexique
technique de base du
d20 System.
Il est possible de se passer de certains de ces termes, voire d'en ajouter de
nouveaux, mais un supplément
d20 System utilisant
le terme technique "paniqué" par exemple, doit obligatoirement utiliser la définition donnée
par
D&D3. La liste de ces termes techniques se trouve dans le
d20 System Guide.
- Un produit
d20 System doit
se conformer à certains critères de décence (en matière de violence et de sexe)
et de respect des cultures et des opinions (religieuses, politiques ou philosophiques).
- Un produit
d20 System doit
contenir un minimum de 5% de contenu libre tel que défini par l'OGL.
Contrairement à l'OGL, la d20 STL n'est pas un texte définitif : un éditeur utilisant la d20 STL s'engage à respecter la version la plus récente de la licence, ce qui pourrait le contraindre à retirer de la vente certains ouvrages s'ils venaient à ne plus être en conformité avec la nouvelle version. C'est d'ailleurs ce point de réglementation qui a poussé de nombreux éditeurs à quitter
le giron du
d20 System pour se replier vers la publication OGL simple en 2003, lorsque
Wizards of the Coast a
rendu publique la version 6.0 de cette licence en y ajoutant des conditions de "décence" ayant effrayé de
nombreux professionnels.
Dura lex, sed lex
Même si l'OGL et la d20 STL ont permis à de nombreux petits éditeurs semi-amateurs de produire des suppléments aussi "officiels" que ceux des principaux acteurs du jeu de rôle actuel, il est important de comprendre que ces textes restent des contrats légaux, et qu'ils donnent des migraines aux juristes depuis leur publication en 2000 du fait de leur complexité et des zones d'imprécision qu'ils comportent. Avant de se lancer dans la publication d'un supplément d20, il est donc capital d'étudier
ces textes (ainsi que le
d20 System Guide) avec le plus grand soin, et
de prendre si possible conseil auprès de quelqu'un ayant de solides connaissances en matière
de droit.
Référence :
page Wizards of the
Coast concernant la licence d20 et l'OGL